Exposition "Le Refuge des mulets" de Franck Girard

Franck Girard est né en 1962 à Besançon.

Collectionneur d’images et d’objets, il conduit une fabrique intuitive, où tous les outils et tous les médiums sont bons à prendre.

Un éclectisme dans le choix des matières premières utilisées et dans les modes d’expressions l’ont amené naturellement à une production polymorphe : le dessin, la sculpture, la photographie.

Il interroge les formes et les images comme les éléments actifs d’un échange, en observant les phénomènes d’écart, de rapprochement, de ressemblance et de dissemblance.

Il enseigne le dessin à l’École Supérieure Arts de Lorraine.

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Une soixantaine de sculptures intriguent. Des formes hybrides qui ont chacune leur identité propre et qui composent un ensemble à parcourir. Elles amusent et rassurent. Elles nous invitent à les suivre sur un chemin qui raconte une histoire, suggérant les traces passées d’un être invisible. La douceur de leurs teintes et l’harmonie des non-couleurs procurent un sentiment de protection. Derrière la vitre, devant un cabinet de curiosités à contempler et à décortiquer, nous découvrons des os, du plomb, du plâtre, du fil…  Franck Girard, à la manière à la fois craintive et maligne du Petit Poucet, a déposé ses pierres autour de l’espace d’exposition. Il nous offre de le retrouver. Ou peut-être de se trouver soi-même. Une énigme philosophique existentialiste s’échappe des fissures et des mystères de ses assemblages. Ses pièces psychanalysent. Elles nous englobent de notre enfant intérieur, cet être cher trop souvent oublié. 

Texte de Remi Foltête

Une petite brouette ailée clouée au sol par sa charge, une montagne libérée de la gravité, une porte inaccessible. Parfois la poésie nait du dialogue des contraires.

Face à face inattendu entre les éléments qui composent la sculpture. Chacun résume et symbolise la singularité du monde auquel il appartient (minéral, biologique, terrestre, aérien, aquatique). Les choses sont saisies dans le dénuement de leur essence. Ce que la composition offre à voir c'est l'étonnante coexistence de modalités de l'Être radicalement étrangères.

Dualité formelle : le noir et le blanc, le courbe et le droit, et antinomies de principes : le pesant et le gracile, le dedans et le dehors.

Finalement, tout sauf une synthèse. Les parties survivent au tout et dialoguent sans conclure.

Chaque sculpture est un aphorisme dont le caractère énigmatique ne vient pas d'un doute sur le sens de la métaphore (pas de métaphore ici, mais au contraire de la pure littéralité), mais d'une suspension du jugement. Les éléments sont combinés, composés si l'on veut, mais ils sont surtout mis en présence silencieuse. Manque le « verbe » qui éluciderait le rapport qu'ils entretiennent. L'évidente nécessité plastique qui ordonne les formes s'accompagne d'une entière liberté laissée à l'interprétation.        

Entre des choses que la nature maintient d'ordinaire dans une mutuelle indifférence, la sculpture, dans le même temps qu'elle impose une fraternité siamoise, révèle et questionne une altérité foncière.

La tranquillité, l'immobilité et le silence de neige qui semblaient d'abord s'imposer, ne sont qu'apparents. Toujours une vibration subsiste, une stridence imperceptible qui annonce une possible désunion de ces couples miraculeux. Mais c'est bien cette instabilité qui fait de la chose une image.

Cette bête, ce dôme, cette montagne - ou ce caillou ? -  ce monument, quelle en est la taille ?

S'agit-il d'un paysage à distance ou d'un petit objet à portée de main ?

On expérimente en face de chacune des sculptures une dimension de soi, un rapport d'échelle, inédits. La petite taille des plâtres, leur subtilité, requiert une agilité nietzschéenne chez le regardeur, mais elle n'empêche pas que s'impose parfois une monumentalité qui se réalise par sa mise à l'échelle. Ces petites choses ont le pouvoir d'imposer leur dimension.

Appartenant à un espace incertain, les plâtres sont aussi hors du temps. Le monde contemporain, en tous cas, n'y est pas invité.

La figure humaine est quasi absente. Un abri déserté, un outil abandonné, une roue, une croix, ça et là, témoignent en passant de l'empreinte humaine sur les choses.

Lorsque les êtres vivants sont figurés, c'est sans la matière molle, chaude et palpitante.

Coquille, os et dent, plutôt que chair et sang.

Par cette réduction au squelette, au fossile, une parenté profonde est révélée entre les êtres et les choses.

Ce qui frappe encore, c'est l'économie des moyens. Les formes, les couleurs, les matériaux sont élémentaires, au sens de premiers, et aussi rares qu'insistants. Un petit dictionnaire d'archétypes et de symboles suffit à l'expression.

On devine dans cette retenue un refus de l'éparpillement, un attachement à l'essentiel. Et comme dans chaque œuvre forte, une obsession, fut-elle tranquille.

Pris un par un, les plâtres sont étranges et sans hérédité ; mais dans leur somme se révèle une généalogie. Dans la suite des variations de l'un à l'autre, un projet se dessine, une cosmogonie se raconte.

Ces petites sculptures sont l'œuvre d'un poète sans mots. Mais le silence ici n'est pas un creux du langage. Plutôt une abstention du verbe, une humilité du geste, qui invitent à une contemplation libre, et à un questionnement aussi naïf que métaphysique.

Contacts de l’artiste 

www.franckgirard.net
francgirard@orange.fr

Instagram : @franckgirard62

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Stationnement
Horodateur rue du Luxembourg à Thionville

Stationnement gratuit limité à 1/2h rues de Paris et du Luxembourg

Le stationnement est gratuit mais limité à 1/2 h tous les jours de 7 h à 12 h dans les rues de Paris et du Luxembourg.

23 Déc.
06:0016:40

Seance deguisse pour le halloween des petits!

Qui n’a jamais vu Valérie Lemercier s’élancer comme une gueudin seule sur une scène ne peut pas comprendre l’effet que la nouvelle de son retour sur les planches peut produire.

 

 

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